Ecouter mon coeur…

Plus d’un mois, déjà, qu’Enjulio est entré dans ma vie. Si j’ai aussi longuement hésité à en parler, c’est pour préserver ce moment magique par crainte qu’il ne m’échappe, suis devenue légèrement superstitieuse. Mais aussi parce que cela me paraissait si beau, si extraordinaire, que je pensais que c’était trop beau pour être vrai. Je me suis tant de fois emballée suite à une nouvelle rencontre et tant de fois déçue, que cette fois-là je n’ai pas voulu vivre ce schéma navrant. Je suis donc restée sur mes réserves. Appréciant cette découverte, avec une toute nouvelle sérénité plaisante bien que déconcertante.
Notre première rencontre avec Enjulio a été surprenante et plaisante. Comme un léger parfum qui réveille les sens, tout doucement. On peut dire réellement que je fus comblée, au delà-même de mes espérances et à ma grande surprise, ma shopping liste sur Adopte un mec a été effectuée avec succès. Moi qui l’avait dressée comme une liste de résolutions impossible à tenir, j’étais loin d’imaginer surtout en ces lieux de trouver, l’homme presque parfait.
Car oui, je suis tombée :
- sur une super belle paire de chaussures qui me va comme un gant
- un super canapé en cuir, confortable très accueillant sur lequel il fait bon se laisser aller
- un livre riche d’enseignements, à lire tout doucement
- une douce mélodie qui vous rend serein.

Tout a été parfait et magique. Aurais-je enfin droit à ma part de bonheur. Mais voilà un jour, j’ai découvert qu’Enjulio m’a menti. Et là, tout mes vieux démons se sont réveillés et me tourmentent. J’ai cru me retrouver face à mon ex. Enjulio mon ex bis !!! C’est pas possible, le destin s’acharnerait-il contre moi ?! J’ai perdu mon sourire aux lèvres. Toute la magie extraordinaire que je vivais avec lui s’est envolée, disparue.
J’ai compris qu’il aie préféré mentir plutôt que de rentrer dans tout un tas de détails qui ne lui étaient pas très agréables et dont il n’avait pas forcément envie de parler lors d’une première rencontre. D’autant plus que moi-même, je lui avais caché la détresse dans laquelle je me trouvais, suite au décès récent de mon père. Je voulais me garder un espace de douceur, m’accorder un moment de répit, un instant hors du temps, de mon quotidien sombre.
J’aurais pu tout stopper net suite à ce mensonge, mais son comportement et toutes ses attentions jusque-là ne ressemblaient en rien à mon ex. J’ai voulu nous laisser une chance, car des rencontres comme cela sont rares, très rares.

Mais voilà, depuis je garde une porte de secours ouverte, la sonnette d’alarme est toujours là et je dois me battre contre toutes ces pensées qui me viennent aux moindres doutes. Peut-être anesthésiée par la douleur de la mort de mon père, ce que j’ai cru voir en Enjulio n’était qu’un mirage. Je voudrais tant que ces idées cessent, retrouver cette douce quiétude des premiers jours. Je vois bien que je ne me donne pas à fond comme je le devrais dans cette relation.
J’ai l’impression d’avoir trouvé enfin mon prince, je devrais être ravie mais il n’en est rien. J’ai du mal à faire, la part des choses dans mes sentiments. Tout s’emmêle. Les divers sentiments qui m’animent et me bouleversent dans mon deuil et les sentiments pour Enjulio.
Ce deuil n’est vraiment pas facile, un long cheminement et si solitaire. La vie continue, il faut montrer bonne figure, les gens si bien attentionnés lors du décès ne demandent plus rien un mois passé, comme si la page devait être tournée et moi je ne veux pas non plus les mettre mal à l’aise. Alors j’enfouis ma douleur, au point de me couper de mes sentiments, je ne ressens pratiquement plus rien. Je ne suis plus débordée par la tristesse mais je n’ai plus non plus le coeur à rire. Comme si tout était stoppé. Cette réaction m’amène à me demander si de ce fait, je ne me prive pas aussi de tout sentiment envers Enjulio.

Bref, je regrette tant que cette rencontre se soit faite dans de telles circonstances, je me sens pas du tout à la hauteur. Je n’ai ni la force, ni les moyens de m’investir dans une nouvelle relation affective. Après tant de nuits sans sommeil, tant de tristesse, tout me paraît lourd et je n’aspire qu’à une chose, me reposer et retrouver la paix. Stopper tout ce bruit dans ma tête, dans ma vie. Un besoin immense de calme, afin de pouvoir vraiment écouter mon coeur.

Moi qui attendait depuis si longtemps mon prince… Alors que je le vois au pas de ma porte…Je semble figée.

paradis perdu

Aujourd’hui j’ai le blues. Ce n’est pas tant parce que Paradisio est rentré chez lui et que je me retrouve seule. Se sont tout ces petits rien qui les uns additionnés aux autres ont fini par me plonger dans une réalité moins belle que ce que j’ai pu laisser paraître.
Eh oui, je n’ai voulu vous montrer que le meilleur de mes moments avec Paradisio un point de vue nettement plus optimiste pour un coeur esseulé comme le mien. Une façon de progresser dans la vie, ce n’est pas se voiler la face que de vouloir retenir que le bon, c’est une manière pour moi de croire en des jours meilleurs, cela me met du baume au coeur.
Et après tout si ce n’est pas ici que je peux m’autoriser à rêver où pourrais-je le faire. Non, non je ne vous ai pas trompé, tout ce que j’ai dit est bien ce que je ressentais, j’ai juste omis volontairement des moments moins agréables, comme de vives discussions plutôt prématurées, des moments de solitude et de doutes :
- son désir d’enfant qui le bouffe et moi qui n’en voulait plus. Il est tant omnibulé par ce souhait qu’il en perd le goût de la vie de ne pas le voir se réaliser. A se demander même si une femme peut avoir une place dans sa vie si ce n’est pour porter son enfant. Il cessera de faire de la moto (donc de prendre des risques) le jour où il sera père m’a-t-il dit. Et la mère alors ! la femme avec qui il a ou aura cet enfant a-t-elle si peu d’importance à ses yeux…
- si je serais prête à le suivre en Allemagne où ailleurs si il me le demandait…
- Une phrase que j’ai choisi d’oublier au plus vite pour pouvoir savourer pleinement ce week-end à Paris “je vais être franc, si je t’ai fait venir à Paris, c’est en parti parce que mon ex est ici aussi et que je ne voulais pas craquer en la revoyant“.
- vendredi, j’apprends qu’il ne recevra pas ma surprise, une carte que je lui avais envoyé de Paris, pleine d’allegresse, une invitation à l’amour. Et cela tout bonnement parce qu’il n’habite plus à l’adresse qu’il m’avait indiqué sur Toulouse (ce logement étant celui qu’il occupait avec son ex) et il ne se souvenait plus exactement de son adresse en Allemagne où il bosse. Le mensonge à donc pointé son nez et m’a fait paniquer.
- ajouté à cette omission le soir, où je l’ai attendu et reattendu à tourner comme un lion en cage dans l’appartement. Inutile de vous dire tous les scénarios qui me sont passés par la tête, celui de “il lui est arrivé quelque chose” n’ayant pas été le plus récurent, car des rendez-vous manqué j’en ai essuyé pas mal et celui de l’hopital on avait même osé me le faire, les hommes sont doués pour tourner la situation à leurs avantages et vous faire culpabiliser.
Vers minuit 30 alors que j’étais bien partie dans mon spleen, “les hommes c’est plus pour moi“… Il finit par me laisser un message sur le tel que j’avais coupé pour éviter de l’appeler et rester digne, m’annonçant qu’il avait eu un malaise en sortant de l’avion etc… Son ex a été prévenue (personne que l’on prévient en cas d’urgence). Je lui avait préparé un petit repas, allumé les bougies… Toute cette ambiance tombée à l’eau, j’étais contente de me blottir contre lui, mais je n’ai pu me laisser aller dans ses bras avec tout ce qui m’était passer dans la tête.
- alors qu’il m’avait habitué à de nombreux appels réguliers en son absence, même entre deux avions hier il n’en a rien fait depuis son départ 10h jusqu’à 20h pas un appel. Et depuis hier soir où il m’a rassuré en disant que tout va bien qu’il a eu son premier avion annulé etc… je n’ai plus de news.
Voilà tout ces petits rien m’ont sorti carrément de ma “vie en rose” il m’a dit à plusieurs reprises qu’il se sent perdu, je me vois à présent comme une bouée à laquelle il s’accroche ou s’est accroché.
J’ai perdu mon petit coin de paradis, auquel j’ai voulu croire.